Découvrez l’homélie du 29 juin 2024 messe d’action de grâce de l’abbé Alexandre Marie ROBINEAU

Messe d’action de grâce 10 ans d’ordination sacerdotale – samedi 29 juin 2024 – Luçon 16h

Chers frères et sœurs bien aimés de Jésus Christ,

Connaissez-vous le Cotolengo à Turin ? Et non, ce n’est pas un joueur de la Juve ! Mais c’est devenu un quartier, une petite ville dans la ville, prenant le nom de son fondateur, St Joseph Cotolengo, un des saints prêtres sociaux de Turin, au 19ème siècle, comme St Jean Bosco, qui a aidé de nombreux malades et pauvres. Et en ce lieu, on ne se dit pas « merci » mais on dit à tout bout de champ, à tous et tout le temps : « Deo gratias » : « Merci Seigneur ». On renvoi à Dieu toutes les actions de grâce, tous les « merci » !

Et c’est ce qui habite mon cœur en cette heure, et ce qui doit habiter votre prière : Merci Seigneur ! Deo gratias ! Si j’avais su ou qu’on m’avait dit lors de mon appel à devenir prêtre reçu en 2003 tout ce que j’allais vivre, recevoir, partager, donner, vraiment je ne l’aurai pas cru… C’est incroyable ! J’ai aussi eu des peurs, des hésitations, des doutes, des remises en cause, et je me rends compte combien le Seigneur, au final, conduit, réconforte, rassure, soutient, accompagne ; combien il est délicat, plein d’humour, plein de bonté et de tendresse, et qu’il se sert de tout pour un bien plus grand, si on essaye de lui faire confiance, si on essaye de l’aimer, si on désire, même un peu, le suivre… Chers amis, c’est incroyable ! Ce n’est pas le privilège des saints ou seulement de Pierre et Paul comme nous l’avons entendu dans les textes de la Parole de Dieu, mais c’est valable pour chacun de nous, pour nous tous, chers amis ! Y-croyons-nous ? Le vivons-nous dans nos différents états de vie, dans nos vocations respectives, là où le Seigneur nous a appelé, là il nous a planté pour fleurir et porter du fruit ? Que les épreuves, les difficultés et les déceptions ne nous découragent jamais ou réduisent notre foi, car c’est ce que veut le Malin… ne tombons pas dans ses pièges… Et justement, pour éviter ces pièges, pour garder la foi, celle de l’Eglise, celle de Pierre et Paul, la foi de nos pères, notre foi catholique, nous avons des aides, des repères, nous avons les Saints du Ciel… Et il se trouve que la Providence fait bien les choses car tout l’été, dans la cathédrale, nous avons les reliques de Ste Mère Teresa et de St Jean-Paul II dans le chœur. Ils ont été et ils sont pour moi des guides, des repères, des aides pour mieux suivre le Seigneur et vivre mon sacerdoce… Et j’aimerai avec vous faire un parallèle de leur spiritualité respective et de leur commune fécondité. La spiritualité de Mère Teresa et des Missionnaires de la Charité se définit en 3 points : l’amour confiant, l’abandon total et la grande joie. Et celle de St Jean-Paul II autour de 3 mots : Hostia, Crux, Virgo : l’eucharistie, la Croix et la Vierge Marie. Et j’aimerai avec vous les mettre en parallèle pour rendre grâce à Dieu en ce jour et que nous puissions tous grandir dans la foi.

1/ L’amour confiant et l’eucharistie

A la fin de la messe, en sortant, vous recevrez un petite image souvenir de ce jubilée. Il y en aura 2 différentes avec notamment deux phrases sur l’eucharistie. Une de St Jean-Paul II : « Dans les humbles signes du pain et du vin, changés en son corps et son sang, le Christ marche à nos côtés comme notre force et notre nourriture pour le voyage, et il nous rend capable de devenir, pour tous des témoins de l’espérance ». Et de Ste Mère Teresa : « La messe est la nourriture spirituelle qui me soutient et sans laquelle je ne pourrais pas vivre un seul jour ou une seule heure de ma vie ». Et pour les deux images une autre phrase de St Jean-Marie Vianney : « Si le prêtre comprenait ce que c’est que la Messe, il mourrait. On ne saura qu’au Ciel ce qu’est la Messe ».

Oui, chers amis, la sainte messe ce n’est pas magique mais c’est bien plus que ça et bien plus grand ! C’est la puissance d’amour de Dieu qui transforme, qui transfigure, qui change le cœur et le corps.

Et ce n’est pas à comprendre selon une logique mathématique ou scientifique mais c’est la logique de l’amour confiant en Dieu. Dieu est là ! Dieu est présent ! Dieu se donne, et il se donne par amour et nous invite à lui faire confiance, à avoir foi en lui, à avoir foi en sa Présence réelle, sa Présence transformante…

La messe c’est une histoire d’amour entre Dieu et nous, en Eglise et chacun personnellement. C’est une histoire de confiance, de foi, qui doit régulièrement être vécue, être entretenue, dans la durée, la régularité, pour faire, de manière concrète, l’expérience de son efficacité, de sa vérité, de sa réalité indépassable, de sa profondeur, de sa nécessité, une réalité « sans laquelle je ne pourrais pas vivre » dit Mère Teresa. Et ce fut ainsi que le Seigneur combla le cœur de Mère Teresa et de Jean-Paul II pour les nourrir et les conduire chaque jour. Pour nous aussi, chers frères et sœurs… pour nous aussi… chaque jour, chaque dimanche, à chaque pas…

2/ L’abandon total et la croix

C’est le grand témoignage des saints et notamment de St Jean-Paul II et Ste Mère Teresa. Tout comme pour St Pierre et St Paul. Dans leur expérience de la croix, et donc de la souffrance, de l’épreuve, ils ont fait l’expérience de la foi pure, de l’abandon total entre les mains de Dieu, et à travers ces croix, Dieu leur a donné de grandes grâces pour eux, mais surtout, à travers eux, pour nous tous.

Pour Mère Teresa, ce fut la croix de ne pouvoir revoir sa mère et sa sœur, et la croix de la nuit de la foi, la croix de l’immense détresse des plus pauvres des pauvres, de la misère. Pour Jean-Paul II, ce fut la croix de ne plus avoir de famille à 20 ans, de subir les terribles ténèbres des persécutions nazies puis communistes, la croix de l’attentat puis de la maladie. Et le Seigneur s’est servi de tout cela, de ces maux que Dieu ne voulait pas, il s’en est servi pour un bien plus grand, parce que Agnès et Karol lui ont fait une confiance totale ; ils se sont abandonnés à la Providence divine et à son amour. Et Dieu, ainsi, a pu faire des merveilles dans leurs cœurs et dans leurs vies. Il n’y a pas d’amour sans croix ou sans souffrance. Il n’y a pas de fruit ni de grâce sans croix ! Chacun à notre niveau. Dieu ne permet pas des croix que nous ne pourrions pas porter et il nous donne la capacité de les affronter et de les porter, avec l’aide de sa grâce, pour un bien plus grand. Ce qu’il nous demande juste c’est d’avoir foi en lui, de lui faire confiance. Il nous demande de l’aimer et de nous abandonner à son amour. Et donc de lui rendre grâce en toute circonstance, sans cesse, toujours, quoiqu’il arrive. Malgré mes manques de foi et mes limites, j’en ai souvent fait l’expérience concrète et c’est bouleversant ! A notre petite échelle, nous pouvons goûter cela et ça change tout, ça change notre regard sur la vie et sur le monde, ça change notre vie et notre cœur en bien… Oui, faisons-lui confiance surtout dans toutes nos croix, même petites, mais encore plus dans les plus lourdes… C’est le chemin de la vraie joie avec la Vierge Marie…

3/ La grande joie et la Vierge Marie

Vous savez, chers amis, si je suis devant vous aujourd’hui, comme prêtre fêtant ce jubilée sacerdotal, c’est que le Seigneur a mis dans mon cœur un grand désir de vie, d’être vivant, d’aimer et d’être aimé, et cela dans une vraie joie et une paix profonde. Il m’a fallu du temps pour le comprendre, pour l’accueillir et l’accepter, pour le voir et avancer… Et pour moi, comme pour beaucoup, le Seigneur est passé par Marie, sa mère et notre mère, afin d’accueillir l’Esprit Saint dont un des fruits les plus importants est la joie !

La Vierge Marie est cette vraie auxiliaire de vie qui nous aide, nous porte, prie pour nous, toujours. Son intercession douce et maternelle facilite l’accès à Dieu, rend la croix moins amère et moins lourde, et permet de vivre la joie profonde de se savoir aimé, pardonné et sauvé par Dieu ! Avec la Vierge Marie, la Bonne Nouvelle passe crème ! ça passe crème ! Avec Marie, tout passe crème ! N’hésitons pas à la prier chaque jour pour que par elle nous puissions goûter la vraie joie spirituelle que le Seigneur veut nous partager.

Je termine.

L’amour confiant, l’abandon total et la grande joie avec Mère Teresa. L’eucharistie, la croix et la Vierge Marie avec Jean-Paul II. Deux témoins de la vérité de Dieu pour notre monde, pour notre temps. Ils m’ont aidé. Priez-les. Ils vous aideront. Soyez-en sûr !

Ils ont suivi le chemin de St Pierre et St Paul, le chemin de toute l’Eglise appelée à témoigner depuis 2000 ans de la vérité du Christ, de la lumière du Christ au milieu des ténèbres. C’est aussi notre rôle à tous aujourd’hui comme baptisé et comme ami de Jésus. C’est encore plus le rôle et la mission du prêtre. A la suite de St Jean-Baptiste que nous avons fêté lundi dernier, le 24 juin, le prêtre est l’ami de l’Epoux qui se réjouit en entendant sa voix et qui ne cesse pas de désigner « Voici l’Agneau de Dieu » en montrant le Christ : « Quant à l’ami de l’Epoux, il se tient là, il entend la voix de l’Epoux, et il en est tout joyeux. Telle est ma joie : elle est parfaite » (Jn 3, 29). C’est ma joie aujourd’hui. C’est mon action de grâce pour tout ce que Dieu fait de bon et de bien.

Voici un extrait d’une prière, les litanies du prêtre, que je vous partage pour finir :

« Dieu notre Père, pour les milliers d’âmes qui sont confiées à mes soins durant ma vie de prêtre, je te prie.

A chaque messe que je célébrerai pour les fidèles, Père aime-les à travers moi. A chaque homélie que je prêcherai aux âmes qui me sont confiées, Père… Pour ceux que je baptiserai, Père… Pour ceux qui recevront la sainte communion de mes mains, Père… Pour les pénitents à qui je donnerai l’absolution, Père… Pour les couples que j’accompagnerai, Père… Pour ceux à qui je donnerai l’onction des malades, Père… Pour ceux qui se tourneront vers moi pour obtenir des conseils et un accompagnement, Père… Pour les ennemis du Christ et de l’Eglise son épouse, Père… Pour les âmes égarées qui se présenteront à mon regard, Père… Pour les pauvres, les malades et ceux qui souffrent, Père… Pour toutes les âmes confiées à mon sacerdoce que je ne rencontrerai jamais, Père… Pour toutes les personnes qui m’appelleront « père », Père aime-les à travers moi ». JVSM. Amen.

Cœur immaculé de Marie, cause de notre joie, PPN.

St Pierre et St Paul PPN. Ste Mère Teresa, PPN. St Jean-Paul II, PPN.                                                     

 Abbé Alexandre-Marie ROBINEAU +

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