Découvrez l’homélie du Dimanche 7 juillet 2024 par le Père Jean-Yves POULAILLEAU

Pas facile de parler de Dieu, ni au nom de Dieu. Que ce soit pour les prophètes d’hier, comme dans l’Ancien Testament, ou ceux d’aujourd’hui. 

Dans la première lecture, le prophète Ézéchiel sait qu’il va au-devant des contradictions. Lorsqu’il choisit Ezéchiel comme prophète, Dieu l’avertit qu’il l’envoie vers un peuple rebelle dont ses fils ont le visage dur et le cœur obstinés. Pourtant, « qu’ils écoutent ou qu’ils s’y refusent », l’important est « qu’ils sachent qu’il y a un prophète au milieu d’eux ».

Dans la 2ème lecture, l’apôtre Paul accablé de difficultés et d’humiliations : insultes, faiblesses, contraintes, persécutions, situations angoissantes, demande au Seigneur de l’en libérer. Mais le Seigneur lui répond : « Ma grâce te suffit. » Il découvre que la grâce de Dieu donne toute sa mesure dans nos faiblesses : « Car lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort. »

Dans l’Evangile, Jésus éprouve ces difficultés dans son propre village. » Quelle déception lorsqu’il rentre chez lui à Nazareth, le berceau de son enfance et de sa jeunesse. Quel contraste avec les foules qui le pressaient de toute part !… Ses compatriotes sont nombreux à venir l’écouter le jour du sabbat dans la synagogue, mais avec une curiosité sceptique qui se changera bientôt en hostilité et en rejet. En écoutant Jésus enseigner, ils s’interrogent : « N’est-il pas le fils du charpentier, le fils de Marie ?…  » Etonnés par la Sagesse des Paroles qui sortent de sa bouche, apprenant les miracles qu’il a accomplis en Galilée, ils sont « profondément choqués à cause de Lui ». Ils sont de plus en plus nombreux à être scandalisés et déjà prêt à passer du côté de ceux qui vont le rejeter et bientôt le faire condamner à mort.

Pour les gens de Nazareth, Jésus n’est rien d’autre que « le charpentier, le fils de Marie ». Il a grandi au milieu d’eux, au sein d’une famille qu’ils connaissent bien. Pourtant, ils s’interrogent avec inquiétude au sujet de la provenance des dons extraordinaires. « D’où cela lui vient-il ? … »  Comment la puissance de Dieu peut-elle se manifester dans le fils du charpentier d’une petite bourgade comme Nazareth ?… Le scandale sera à son comble lorsque certains prétendrons que ce Jésus, ‘Dieu-fait-homme’ est venu pour sauver le monde en mourant sur une croix. Jésus est vraiment différent de celui qu’ils croyaient connaître. 

Frères et sœurs, cela nous ramène à nous-mêmes. Nous connaissons Jésus de Nazareth et les principaux épisodes de sa vie par notre catéchisme et la lecture des Evangiles. Nous venons à la messe et nous le prions. Ainsi nous croyons le connaître, mais l’avons-nous vraiment rencontré ?… Cherchons-nous à mieux le connaître, à le fréquenter dans la prière et dans le partage avec nos frères ?… Sommes-nous devenus l’ami de Jésus au point de vouloir partager la joie de l’Evangile à ceux que nous côtoyons ?…

Le Seigneur compte sur nous pour être ses porte-paroles, ses ambassadeurs. Le baptême fait de nous un peuple de prophètes, marqués par l’Esprit Saint, appelés et envoyés. Bien sûr, comme tous les prophètes d’autrefois, nous sommes affrontés à l’incroyance, la mal croyance et l’indifférence religieuse. Dans le monde entier, de très nombreux chrétiens sont persécutés et mis à mort. A l’intérieur même de l’Église, nous assistons à des contre-témoignages qui font mal.

Pourtant aujourd’hui dans l’Evangile, alors que la foule s’étonne à propos de Jésus, ce qu’il dit et ce qu’il fait, Lui à son tour s’étonne selon ce qu’écrit Marc : « Là Jésus ne pouvait accomplir aucun miracle […] il s’étonna de leur manque de foi … » C’est à nous que Jésus s’adresse ce matin. Nous devons entendre pour nous-mêmes son étonnement à propos de la foi sur notre continent qui a refusé d’inscrire les racines chrétiennes dans la constitution européenne et notre pays la France, qui vient d’inscrire dans la constitution française le soi-disant droit à l’avortement. Je ne dis pas cela pour nous culpabiliser, mais parce que dans l’Evangile, Jésus veut réveiller notre foi. C’est la foi qui éclaire  les valeurs de l’Evangile qui fonde celle du respect de la vie et du bien commun, de la paix et de la fraternité.

Oui, frères et sœurs, notre attachement au Christ doit être au-dessus de toutes les idéologies et plus fort que la tentation du découragement. L’Église de Jésus, Car écrit l’apôtre Paul, « J’accepte de grand cœur pour le Christ les faiblesses car, écrit l’apôtre Paul [lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort. »

N’ayons pas peur et reconnaissons nos faiblesses. Le Seigneur ne choisit pas ses envoyés parmi les meilleurs, mais bien souvent parmi les pauvres et les pécheurs. N’oublions pas que les grands témoins de la foi sont des pécheurs pardonnés, comme Pierre qui avait renié le Christ car il avait peur. Pourtant Jésus l’a choisi pour être le premier berger de son peuple. Pensons à Paul qui fût d’abord un persécuteur des chrétiens. Après sa conversion, il est devenu un ardent missionnaire pour évangéliser les nations païennes.

Frères et sœurs dans le Christ demandons au Seigneur de réveiller notre foi et notre ardeur missionnaire. Profitons de ce temps de vacances pour nourrir notre foi par la lecture, une retraite, un pèlerinage et bien sûr notre participation à l’Eucharistie.

Rendons grâce au Seigneur pour la confiance qu’il nous fait en nous associant à sa mission. Disciples-missionnaires, levons les yeux pour remettre entre ses mains nos fragilités et accueillir avec confiance pour nous aujourd’hui sa parole : « Ma grâce te suffit car ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse. »  Amen !…

Père Pierre-Yves POULAILLEAU +

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