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Homélies paroissiales
Homélies de Noël 2023
Homélies de Noël 2023
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Homélies de Noël 2023

HOMÉLIES de Noël 2023


 

Homélie du dimanche 24 Décembre 2023 18h30 par l'abbé Alexandre Marie ROBINEAU :

Chers frères et sœurs bien-aimés de Jésus Christ,

Mais qu’est-ce que vous êtes venus faire ici, si nombreux, ce soir, chers amis ? N’avez-vous pas l’impression de vous êtes bien fait avoir ? Qu’avez-vous a gagné en venant ce soir, à vous geler dans une église glaciale pendant 1h30 ? Mais quel intérêt franchement ? N’avez-vous pas le sentiment d’être tombé dans le piège de fausses promesses promotionnelles ou publicitaires genre « black Friday in the Church ! » en venant ce soir ? Non ?

Chers amis, ça vaut quand même la peine de se poser la question… êtes-vous venus par tradition ou coutume ? On a toujours fait comme ça… Pour faire plaisir à Mamie ou à la belle-mère ? La mienne est là aussi… ma Mamie, pas ma belle-mère !! Ou bien parce que vous aimez bien les beaux chants de Noël ? les lumières ? la déco ? l’ambiance ? Peut-être est-ce tout ça à la fois… Mais peut-être est-ce parce que vous avez aussi la foi, que vous faites confiance en Dieu, malgré tout, et que vous en avez besoin, notamment ce soir… Oui, avoir besoin de Dieu, chers amis… Oui, chers amis, voyons ensemble pourquoi nous sommes là ce soir… Et j’aimerai vous parler de crèche, de cadeau et de gratuité. Ça tombe bien, c’est Noël ! 

1/ de crèche tout d’abord…

Nous avons tous nos doutes, nos questions, nos découragements dans nos combats. Nous avons tous aussi nos colères voire nos révoltes contre Dieu, avec tous nos sentiments parfois d’injustice, de dégoût, de tristesse, de peur… Et nous voulons des réponses à nos questions ! Nous demandons des solutions à Dieu ! Le problème c’est que nous ne sommes pas au même niveau, dans la même logique que celle de Dieu. Nous attendons une réponse logique, scientifique, mathématique, prouvable, démontrable, certifiée, garantie, comme 2+2 font 4 ! Mais cela n’est pas la logique de Dieu qui est celle de l’amour donc de la liberté, donc de la confiance, de la foi, du don de soi. La Bible, la Parole de Dieu est une lettre d’amour que Dieu nous adresse pour nous dire le sens de notre vie : d’où nous venons ; où nous allons ; et ce que nous sommes invités à vivre, à faire, ou pas… Vous voyez bien que ce n’est pas une logique scientifique ! Je vous donne un exemple :

Si ce soir vous m’offrez tous une magnifique bûche glacée au chocolat : d’abord, vu votre nombre, je risque d’exploser par overdose chocolatée !! Mais surtout, si j’analyse toutes ces bûches au microscope, je vais comprendre comment elles sont faites, leurs molécules, leur consistance, etc. mais le microscope ne pourra pas me dire qui a fait cette bûche et à qui elle est offerte ; pourquoi elle a été faite et à qui elle a été donnée, et pour quelle raison ! La science ne pourra pas dire que vous l’avez offerte à votre curé préféré le soir de Noël !! La logique du don, de l’amour, ce qui donne du sens n’est pas scientifique, n’est pas démontrable !

Et donc, chers amis, la réponse de Dieu à toutes nos questions c’est la crèche et la croix ! Dieu ne donne pas une liste de réponses argumentées, de concepts, ou d’idées. Mais il vient lui-même naître et vivre au milieu de nous, pour nous parler, nous guérir, partager nos joies et nos peines, puis souffrir et mourir par amour pour nous afin de nous ouvrir le chemin véritable de la vraie vie, de la vie éternelle, de la vie avec Dieu. C’est ça sa réponse ! La crèche, où la croix est déjà présente quand Jésus-Enfant est emmailloté dans une mangeoire, près à être mangé par les bêtes, les pécheurs que nous sommes, afin de nous nourrir du Pain de Vie qu’est son propre corps. Mystère d’amour de Dieu qui se donne…

C’est ce que voulait faire comprendre St François d’Assise il y a 800 ans aujourd’hui, jour pour jour, le 24 décembre 1223 à Greccio, quand il inventa la crèche vivante, cette reproduction de Bethléem afin que les fidèles comprennent vraiment l’immensité de l’amour de Dieu qui vient vivre au milieu de nous ! (Page de pub : ding, ding, dong : j’accompagne un magnifique pélé à Rome et Assise en juin et nous passerons par Greccio pour voir la première crèche ! et j’accompagne un pélé en Terre Sainte en novembre où nous irons à Bethléem ! Il reste des places. N’hésitez pas ! Fin).

Chers amis, accueillons en vérité cette réponse de Dieu à nos questions et à nos souffrances : son amour immense pour nous. Jésus est Emmanuel : Dieu sauve qui vient parmi nous ! Ayons un regard et un cœur d’enfant pour s’émerveiller de l’amour de Dieu exprimé à la crèche… Et accueillons ce cadeau sans prix !

 

2/ THE cadeau !! Et quel cadeau ! Le cadeau de la vie !

On est tous bien d’accord quand on y pense un peu : nous avons tellement de choses, notre monde est tellement saturé de biens de consommation, d’objets, de choses diverses que nos vies en sont anesthésiées ! Dans notre occident, le courage n’a plus la côte ! La paresse spirituelle domine ! La fatigue d’être libre, la fatigue de combattre pour les vraies choses… Pourquoi se prendre la tête ? Pourquoi prendre des risques ? Il faut tout assurer, tout sécuriser, tout anesthésier ! Où est la vie, la vraie ? le risque de l’amour, le risque de se donner, du don de soi ? Comme le dit Jésus : « qui veut garder sa vie la perd mais qui la perdra à cause de moi la sauvera ! » La logique de l’amour et donc de Dieu est inverse de celle des hommes et du monde… et nous sommes faits, au fond de nous-mêmes, pour la logique de Dieu, pour celle de l’amour… L’amour, le vrai, prend des risques, il fait confiance. Dieu aurait pu rester tranquille dans son Ciel mais il est Amour donc il est Don, et donc il s’est risqué à venir au milieu de nous, par amour pour nous, et cet amour va jusqu’à la croix. Tout ça pour nous donner sa vie et son amour. A nous aussi de prendre le risque de l’amour et du don de soi, comme Jésus, comme Dieu, et lui offrir cela en cadeau pour son anniversaire. C’est qu’il attend de nous en retour : juste l’aimer, le prier, le suivre pour être vraiment vivant. Ce cadeau n’a pas de prix. C’est gratuit…

 

3/ La gratuité. Et je termine par là…

Quel intérêt de venir à la messe ce soir, chers amis ? Aucun ! Et c’est ça qui est bien… C’est que c’est gratuit ! C’est la perte de temps la plus utile qui soit ! Notre monde a tant besoin de gratuité !

Tout comme la gratuité de l’amour de Dieu qui nous a créé et sauvé !

Vous savez, Jésus n’est pas venu vivre au milieu de nous, lui qui était auprès du Père, sous condition, en disant : ok, je viens parmi vous, pour me cailler en naissant entre une mule et une vache, à condition que vous faites ça, que vous faites si, etc. Non ! Il n’a pas accepté de souffrir et de mourir sur la croix en nous mettant des conditions : ok je meurs pour vous à condition que vous soyez gentils, etc. Non ! Il est né, a souffert, et est mort et ressuscité pour nous gratuitement, juste par amour pur ! Par amour pour les pauvres pécheurs que nous sommes ; pour nous sauver ; pour ne pas nous laisser seul ; pour nous porter dans ses bras d’enfant…

Tout l’enjeu pour nous, chers amis, c’est d’arrêter de résister et de se laisser vraiment aimer par Jésus ! L’année dernière ou il y a deux ans, je vous disais : « Allez tous vous faire…aimer ! » Et il en va de notre survie intérieure, de notre survie spirituelle et finalement humaine même !

L’amour de Dieu, sa grâce, sa présence, n’est pas un truc à réussir, un prix à gagner, au bout de ses efforts, réservé que pour les meilleurs, que pour une élite ! Non ! L’amour de Dieu est offert gratuitement aux petits, aux pauvres, aux humbles, aux cœurs purs, à tous ceux qui se laissent aimer par Dieu, comme les bergers…

Chers amis, tout l’enjeu de notre vie et de cette nuit, c’est de laisser Jésus naître en nous ; laisser Jésus prendre vie dans notre vie ; laisser Jésus prendre place dans notre cœur ! C’est tout le sens de notre existence sur cette terre : laisser Jésus vivre en soi, et permettre ainsi que l’image de la lumière du visage de Dieu reflète toujours plus en nous, que Dieu en nous rayonne pour donner notre vie par amour comme Jésus.

A la fin de la messe, j’inviterai les enfants venus avec l’Enfant-Jésus de leur crèche à approcher pour qu’ils soient bénis et le ramener à la maison. Bien sûr, c’est une image, une représentation. Nos crèches ne sont pas Bethléem. Mais nous avons besoin de représentations, de réalités concrètes, incarnées pour nous aider à prier, à croire, à célébrer. C’est pour ça qu’il y a aussi de l’encens, des couleurs, des chants, des vases précieux, etc. à la messe. Dieu n’en a pas besoin, mais nous oui. Cela nous aide à prendre conscience que Dieu qui est infini vient, par amour, dans le temps, dans l’histoire, au milieu de nous, jusqu’à se faire petit enfant fragile et faible, jusqu’à se faire petit bout de pain et goutte de vin pour mieux se donner à nous. Incroyable mystère de l’amour de Dieu qui ne cesse pas de se donner ! Chaque messe est une bombe d’amour divin ! Dieu vient et se donne, désarmé, pour que nous n’ayons pas peur de lui et pour mieux l’accueillir dans nos vies. Dieu ne s’impose pas mais il se propose en respectant notre liberté car il nous aime. Alors chers amis, ayons confiance en lui ; laissons nous aimer maintenant par lui. Nous sommes finalement venus pour ça : grandir dans la foi pour mieux voir Dieu avec notre cœur. Il est présent. Il est là. Il vient sur l’autel. Il vient dans nos vies. Accueillons le. Et demandons à la Vierge Marie de nous aider à accueillir Jésus dans la crèche de notre cœur, dans l’étable de notre vie. 

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Abbé Alexandre-Marie Robineau +



Homélie du Dimanche 24 Décembre 2023 22h00 par l'abbé Renaud Bertrand :

Abbé Renaud Bertrand



Homélie du Lundi 25 Décembre 2023 8h00 par Monseigneur JACOLIN :



Homélie du Lundi 25 Décembre 2023 11h00 par l'abbé Jean Yves Poulailleau :

En cette fête de Noël, nos églises se remplissent d’enfants, de jeunes et d’adultes de tous âges ; pratiquants habituels ou occasionnels ; bergers anonymes rejoignant le peuple de Dieu qui marchait dans les ténèbres, avec ceux qui depuis plus de deux milles ans, ont vu se lever une grande lumière. Lumière de la foi et de l‘espérance qui brillent pour tous, riches et pauvres, malades et bien portants, du plus jeune au plus âgé. Celui que nous fêtons en ce jour accueille ceux qui viennent à lui, ceux qui prient et même ceux qui oublient de le prier.

Si nous sommes venus dans cette cathédrale, c’est pour répondre à l’appel d’un enfant qui nous rassemble au-delà de tout ce qui nous différencie, et parfois même nous divise. Sa naissance est pour le monde le point de départ d’une grande espérance et d’une invitation à sortir de nos tristesses et de nos peurs pour nous réjouir de la venue du Messie.

 Le message de l’ange est un appel à la joie pour nous et pour tous. Réjouissons-nous avec ceux qui ont été touchés par la lumière de cette nuit de la Nativité du sauveur. Pour nous sortir des ténèbres et de la tristesse, de nos peurs et de nos inquiétudes, Dieu n’a rien trouvé de mieux que naître dans notre histoire afin de nous montrer le chemin de la Vie. Il vient nous apprendre que Dieu nous aime et nous appelle à vivre avec Lui pour toujours.

Cette nuit, nous avons entendu la Bonne Nouvelle proclamée par l’ange : "Il vous est né un Sauveur". Nous n’aurons jamais fini de découvrir les multiples aspects de l’amour de Dieu pour l’humanité. Ce rendez-vous a été transmis de génération en génération tout au long de l’Histoire. A Noël, Dieu en son fils Jésus vient raviver en nous la lumière de la foi, de l’espérance et de la charité. Dieu vient nous visiter et redire au monde : "Me voici ! ..."

C’est la naissance de Jésus à Bethléem, petit enfant couché dans une crèche. Il est le Verbe existant de toute éternité qui vient éclairer la terre, bousculer nos égoïsmes pour se rendre accessible à tous. Il se donne, ouvrant ses mains dans un don humble et total jusqu'au jour où il se livrera entre les mains des hommes, ses bras et ses mains ouverts sur la croix.

C’est ainsi que Dieu vient dans cet enfant que personne n’attendait. Avant sa naissance, on disait que le ciel s’était fermé. Dieu ne communiquait plus avec les hommes abandonnés à leur propre sort. Les hommes pieux d’Israël affirmaient qu’il n’y avait plus de prophète, car ils attendaient un Messie victorieux qui sauverait le monde. Ils ne pouvaient pas le reconnaître dans ce petit enfant. Aujourd’hui aussi, beaucoup de ceux qui fêtent Noël ne pensent plus au nouveau-né de la crèche. A nous de leur dire !...

L’Evangile de saint Jean répond à ce questionnement des gens de Palestine. Non, les hommes ne sont pas abandonnés. Les catastrophes et les calamités, la violence et la guerre qui alimentent les médias quotidiennement ne peuvent nous éloigner de son amour. Jean ne parle plus du bébé de la crèche, ni de la lumière céleste, ni des bergers, ni des anges proclamant la paix. Il nous invite à méditer sur le Verbe qui s’est fait chair, Parole qui en son Fils, nous éclaire et nous ouvrent à l’espérance.

"Le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous." Ce Fils que nous accueillons dans le mystère de l’Incarnation nous parle du Père qu’il connaît. Il veut nous dire sa volonté, son plan d’amour pour les hommes. Il prend notre condition humaine et notre fragilité en tout chose, sauf le péché. Nous sommes dépassés par l’immensité de ce grand mystère.

Qu’il s’agisse de Marie ou de Joseph, Noël a apporté dans leur vie des changements inattendus. Mais c’est dans la nuit de Noël que survient la plus grande des surprises : le Très-Haut est un petit bébé et la Parole de Dieu est un enfant, "incapable de parler", accueilli par de simples bergers et non pas par les autorités de l’époque !...

Ainsi, Noël est la célébration […] d’un Dieu inédit qui renverse nos logiques et nos attentes. Vivre Noël, […] C’est accueillir la revanche de l’humilité sur l’arrogance, de la simplicité sur l’abondance, du silence et de la prière sur le vacarme. Attention !... On peut se tromper de fête et préférer à la nouveauté du Ciel la routine de la terre !... Ne faisons pas de Noël une fête mondaine et ne mettons pas de côté le Roi de la fête : ne nous laissons pas entraîner sur la voie des futilités ; soyons des veilleurs pour porter à tous la joie de l’Evangile. Le Seigneur Jésus a pris notre humanité pour nous faire participer à sa divinité. Puissions-nous l’accueillir dans la joie et nous laisser renouveler dans la grâce de notre enfantement à la vie de Dieu par notre baptême.

Je vous souhaite dans cette fête de Noël, la joie, la paix et l’amour qui nous viennent de Dieu en son Fils Jésus. Laissez le Christ illuminer votre vie pour que le monde soit éclairé par la lumière de l’enfant Jésus "l’Emmanuel, Dieu avec nous …" 

Belle et Sainte fête de Noël à tous et pour tous ! …

Abbé Jean-Yves Poulailleau

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