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Homélies paroissiales
Homélie du 11 février 2024 par l'abbé Alexandre Marie ROBINEAU
Homélie du 11 février 2024 par l'abbé Alexandre Marie ROBINEAU
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Homélie du 11 février 2024 par l'abbé Alexandre Marie ROBINEAU

HOMÉLIE

Chers frères et sœurs bien-aimés de Jésus Christ,

Avant de commencer, je vous invite à lire l’interview de Sylvain Tesson en dernière page de OF de vendredi dernier : remarquable de justesse et de vérité, de courage et d’humilité ! Vraiment, un exemple à suivre…

Bon, sinon, vous le savez, ce n’est pas mon genre d’être provocateur !!! Juste un peu… pour faire réagir…

Et est-ce que vous voyez le lien entre la crise agricole et l’agenouillement à la messe ? Non ? Et pourtant il y en a un… Cela peut vous sembler étrange, et pourtant… Je compare souvent la crise écologique et la crise agricole, à la crise de la foi, qui vient entre autres d’une crise liturgique, d’une crise de la transmission… tout est lié, me semble-t-il ! Réduire la crise agricole à une question de moyens, à une question d’argent, c’est mettre un pansement sur une tumeur cancéreuse ! C’est bien une crise de sens, une crise humaine profonde, une crise d’un monde qui a oublié Dieu et l’œuvre de la Création, un monde moderne hors-sol, qui vit en-dehors du réel, dans le superficiel et l’artificiel… Un monde désincarné, décharné, perdu parce qu’il oublie les valeurs fondamentales d’autorité, de respect, de temps long, de patience, de travail, d’effort, de partage, de gratuité… et, punaise, on va dans le mur ! Vous parlez d’humour, contraction d’humilité et d’amour ! 

1/ L’humour

Mais pourquoi nous parler d’humour me diriez-vous ? La messe et la vie chrétienne c’est tout sauf drôle…, non ? C’est du sérieux ! Certes ! Mais attention ! Comme le dit St Paul : « Frères, tout ce que vous faites : manger, boire, ou tout autre action, faites-le pour la gloire de Dieu ».  Donc ce qu’il faut c’est se centrer sur Dieu, rendre gloire à Dieu seul ! Oui, Dieu, il faut le prendre au sérieux, mais pas soi-même, pas se prendre soi-même trop au sérieux car c’est dangereux ! Et c’est pourquoi l’humour est une arme redoutable et indispensable dans la vie spirituelle, dans le combat spirituel. « Un saint triste est un triste saint » dit l’adage. Bien sûr, un humour qui soit juste et bon, et non pas ironique ou cynique ou vulgaire comme notre monde le propose trop souvent et qui n’est plus de l’humour mais de la bêtise…

Mais vraiment, chers amis, travailler son humour c’est essentiel ! ça évite le pire des péchés qui est le plus grave danger de la vie spirituelle : c’est ?... ? L’orgueil spirituel, le péché des pharisiens, le péché de Lucifer, de l’ange déchu, de se prendre pour Dieu, de prendre la place de Dieu. De fait, Satan n’a pas d’humour. Il se prend trop au sérieux. Il se prend pour Dieu. Plein d’arrogance et de suffisance, en regardant de haut…

L’humour permet d’être bien à sa place, d’être soi-même, de relativiser ce qui doit l’être pour prendre au sérieux l’essentiel : l’amour de Dieu et son infinie miséricorde ! L’humour permet de se centrer sur ce qui est immuable et éternel : Dieu, et de relativiser ce qui n’est rien, ce qui est de passage : soi-même, le monde, les choses… C’est donc une belle faiblesse qui devient une force car cela permet de hiérarchiser les priorités et de mettre Dieu en premier ! et non pas soi-même en se prenant trop au sérieux ! Tout faire pour la seule gloire de Dieu ! Oui, chers amis, travaillons notre humour, qui doit être plein d’humilité et d’amour pour mieux suivre le Christ et se centrer sur Dieu… 

2/ L’humilité

On y revient toujours ! La vertu des vertus ! Son absence est la source de tous nos problèmes : Manque d’humilité vis-à-vis de Dieu, vis-à-vis de la Création, vis-à-vis de l’histoire, vis-à-vis du frère ! On prend la place de Dieu et on détruit tout ! Comme le disait Dostoïevski : « Quand Dieu est absent, tout est permis ». L’homme prend la place de Dieu, se prend pour Dieu et détruit tout : la création, la nature, l’environnement, mais aussi les autres hommes ses frères, et surtout les plus fragiles, les plus faibles, du fœtus à la personne en fin de vie, en passant par le malade inutile, etc. Et c’est pourquoi l’humilité est si importante et qu’elle est indissociable de l’acte de foi.

La foi pour être transmise doit être humble, doit être un acte d’humilité devant la grandeur de Dieu. Sans humilité, pas de foi… Et toute transmission de la foi mais aussi de tout héritage devient aujourd’hui impossible car la modernité, qui prône l’illusion de se faire seul sans être héritier, en étant toujours dans le neuf, le nouveau, l’immédiat, cette modernité envahit tout et empêche toute transmission. Nous sommes dans l’hérésie du « progressisme » ou tout serait progrès. C’est la fuite en avant permanente ! Comme le dit Sylvain Tesson sur le téléphone portable : « Pour le coup, ce n’est pas du tout un progrès… c’est un maléfice plus qu’un bénéfice. Je ne vois pas en quoi il a contribué au bonheur de l’homme, à l’épanouissement de son regard artistique sur les choses, à l’enrichissement de son rapport au monde. La seule chose qui progresse, c’est le chiffre d’affaires des marchands d’illusion qui nous le vendent. Ça fait progresser aussi le contrôle de nos déplacements et de nos activités par la puissance de surveillance qui s’appelle l’Etat. C’est un progrès dans la domestication des masses et dans l’uniformisation de la pensée ». On ne peut plus clair… Et en matière de surveillance, il y a avant LC et après LC ! Comme pour avant et après Jésus Christ : avant la Covid et après la Covid ! En la matière il y a besoin de cette humilité pour se savoir héritier, pour recevoir, afin de transmettre, de redonner, de passer.

Le lépreux supplia Jésus et, tombant à ses genoux, lui dit : « si tu le veux, tu peux me purifier ». Il se met en dépendance de Dieu dans une attitude d’humilité et de supplication, en tombant aux genoux de Jésus… En mettant les genoux en terre, comme St Pierre pécheur pardonné, comme St Paul invitant à ce qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur terre et aux enfers ! Oui, même au Ciel !! Alors, forcément, aussi à la messe qui est le Ciel qui descend sur terre, au milieu de nous…

Humilité vient d’humus : la terre. Mercredi, nous entrerons dans le carême avec les Cendres sur notre tête ou sur notre front afin que notre cœur change et se convertisse, pour que Jésus grandisse en nous et que notre ego diminue. Nous avons besoin de gestes incarnés, de réalisme, de prier avec notre corps. Tout ne se passe pas dans le cerveau ! Tout n’est pas compréhension ou analyse cérébrale ! Vous savez quand on se met à genou à la consécration, on n’a pas besoin d’expliquer à un catéchumène ou un débutant ce qui se passe : il le voit, il le reçoit ! La transmission de la foi passe d’abord par-là : par des gestes, par une attitude d’humilité et d’adoration. Se mettre à genou pour adorer humblement : c’est ça aussi transmettre la foi ! et c’est souvent plus efficace que tous les discours ou toutes les explications ! Un maître qui transmet est d’abord un témoin et s’il témoigne de sa foi par son humilité et son attitude d’adoration devant Dieu il va alors transmettre… Se mettre à genou, quand on le peut, comme le demande l’Eglise, au moment de la consécration, est un acte d’humilité devant Dieu et donc un acte de foi.

Si l’homme était plus humble et centré sur Dieu, il respecterait la création, la terre, le temps, les saisons, la vie… La liturgie comme la terre et la création sont liées au temps, et elles exigent l’humilité devant Dieu et son œuvre… être à genou devant le mystère de Dieu et de son œuvre est cette humilité qui est la clef de la vraie sagesse et du juste équilibre… l’humilité ! pour aimer ! St Paul invite à l’imiter comme il imite le Christ. La juste imitation aide à la transmission de la foi. Et Jésus invite le lépreux purifié à suivre la loi pour témoigner. Suivons et imitons ce que demande l’Eglise dans la liturgie pour que la foi soit transmise. Humblement…et avec amour ! Toujours ! 

3/ Amour

Dans humour, il y a humilité et amour ! être humble devant le mystère de Dieu, c’est pour se laisser aimer et apprendre à aimer en vérité. C’est bien l’amour seul qui sauve, et tout l’enjeu est de se laisser vraiment aimer et donc sauver par Dieu ! Combat titanesque et rude ! Qu’il faut mener avec ardeur et persévérance… On ne se met pas à genou pour être mieux que les autres mais par amour et avec humilité…

Et pour cela il faut s’offrir par amour et avec amour. Offrir sa vie, offrir ses prières, offrir ses sacrifices, offrir ses contrariétés, offrir ses peines et des joies avec amour… toujours !

C’est ce que nous sommes invités à vivre à l’offertoire à la messe. Moment essentiel de la messe et on passe souvent à côté ! Dans le pain et le vin que nous offrons, c’est toute notre vie que nous offrons pour que, par l’Esprit Saint, cela devienne le Corps et le Sang de Jésus, que nous devenions le Christ, que le Christ vive en nous. Fruit de la terre, fruit de la vigne et du travail des hommes ! Béni soit Dieu maintenant et toujours ! Nous offrons notre louange : nous bénissons Dieu ! Notre prière est très incarnée, très concrète, très réelle. C’est notre travail, notre vie, tout notre être. C’est essentiel ! Vivons intensément ce moment de l’offertoire.

Et si notre monde perd la foi c’est aussi parce qu’il perd le contact avec le réel, le concret, le naturel. Vous savez : pour goûter le surnaturel (Dieu), il faut déjà être dans le naturel (la création, le réel) car sinon on reste enfermé dans le superficiel. On est hors-sol. On est désincarné. Que ce soit dans notre rapport à la nature mais aussi à la liturgie ! C’est lié ! Pour que l’Esprit Saint souffle en nous, il nous faut être bien en phase avec le réel, avec le concret. Alors Dieu peut nous purifier, alors Dieu peut nous sanctifier !

Demandons à l’humble servante du Seigneur, la Vierge Marie, de nous aider à suivre et imiter son Fils, le Christ, pour vraiment croire en Lui et transmettre ce trésor en témoignant de notre foi.

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Notre Dame de Lourdes, priez pour nous

Abbé Alexandre-Marie ROBINEAU +

 


 


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