Découvrez l’homélie du Jeudi (de l’ascension) 9 mai 2024 par le Père Jean-Yves POULAILLEAU

Fête de l’Ascension – 9 mai 2024 – 11h Cathédrale

 

Non, Jésus ne nous a pas abandonnés !… Non, Dieu ne nous a pas laissés tombés lorsque Jésus est retourné près de lui !…  Si l’Ascension de Jésus marque la fin de sa présence au milieu des 11 apôtres qu’il rencontre pour la dernière fois, cette fête n’inaugure pas le temps de son absence, mais d’une autre manière d’être présent ; celle du Christ glorieux, à la droite du Père. Avec lui, l’humanité entière est introduite dans le Royaume des cieux. Cette fête oriente le regard des croyants vers le ciel, non par nostalgie de ce que fût la vie de Jésus sur la terre, mais parce qu’il nous montre notre destination future.

Désormais, nous connaissons le chemin que Jésus a suivi de Noël jusqu’à son Ascension, après le temps de la passion, son chemin de croix et sa mort. Depuis la résurrection, nous avançons avec espérance en mettant nos pas dans ceux du Christ ressuscité qui nous montre le chemin vers le Père.

Nous pourrions être tentés par le découragement à force de chercher avec le sentiment de ne jamais trouver. Sans doute qu’il nous arrive d’éprouver une certaine absence de Dieu dans notre vie, comme les disciples au moment de son départ. Ils ont côtoyé Jésus, ont été témoins de sa mort sur la croix ; ils l’ont vu et l’ont touché après sa Résurrection. Et alors qu’ils sont encore remplis de joie, ils éprouvent avec tristesse son départ qu’ils ne comprennent pas ! … Pourtant l’Ascension de Jésus doit nous remplir de joie et stimuler notre espérance, en raison de la promesse qu’il a faite « Je suis avec vous, tous les jours jusqu’à la fin des temps … ».

Joie et espérance car l’Ascension de Jésus qui monte au ciel et ses disciples qui restent sur la terre, marque l’acte de naissance de l’Eglise. Jésus envoie ses disciples pour continuer sa mission.

Joie et espérance car Jésus ne s’est pas absenté. Il est réellement présent, mais autrement.  Lorsqu’il sillonnait les rues de Galilée, il était présent avec son corps physique. Après sa résurrection, il s’est montré avec son corps glorieux devant ses disciples qui le voyaient sans pouvoir le reconnaître. Désormais, le Christ est présent de manière plus réelle dans les sacrements qu’il nous a laissés comme signes de sa présence, en premier lieu, l’Eucharistie.

Joie et espérance parce que par la grâce de notre baptême, il nous est donné de voir dans la lumière de la foi, ce que nos yeux sont incapable de voir. L’Oraison finale de la messe nous rappellera que nous avons été choisi pour ‘les biens du ciel alors que nous sommes encore sur la terre…’

Joie et espérance parce que par la grâce de l’Esprit Saint déjà reçu à Notre Baptême, puis dans le sacrement de la confirmation, il nous est donné de vivre cette proximité avec le Christ qui nous envoie pour être ses témoins jusqu’aux extrémités de la terre : « Allez dans le monde entier. Proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création ». Jésus nous associe à sa mission qu’il a confiée à l’Eglise pour porter à tous la joie de l’Evangile.

Pas le temps de s’asseoir, ni de se demander ce qu’il faudrait faire. Alors que beaucoup se réjouissent de faire ce qu’on appelle, ‘le pont de l’Ascension’, la joie de cette grande fête, c’est que Jésus ressuscité a établi un pont entre le ciel et la terre ouvert pour nous les portes du ciel. Son Ascension préfigure notre ascension au soir de notre vie. Depuis que Jésus a établi ce pont entre le ciel et la terre, nous connaissons le chemin qui conduit à la maison du Père.

Voilà la Bonne Nouvelle qu’il nous appelle à annoncer et à répandre dans le monde. La joie de l’Evangile s’adresse à toute la création, car en triomphant de la mort, Jésus à redonner aux hommes l’autorité sur les animaux sauvages et les éléments hostiles. « En mon nom, ils chasseront les esprits mauvais […] ils prendront des serpents dans leurs mains et s’ils boivent un poison mortel, il ne leur fera pas de mal […] ils imposeront les mains aux malades, et les malades s’en trouveront bien ».

Voilà, chers amis, les signes qui nous aident à croire dans notre société en manque d’espérance. Ajouter à ces signes, les sacrements, paroles et gestes de Jésus, continuent aujourd’hui d’éclairer, de fortifier et de nourrir la foi, l’espérance et la charité de ceux qui choisissent de le suivre.

Frères et sœurs, dans ces 10 jours entre l’Ascension de Jésus et la Pentecôte, préparons-nous à être renouvelé par l’Esprit que nous avons reçu à notre baptême et à notre confirmation. Mettons-nous à l’école de ‘Marie, étoile de la Nouvelle Evangélisation’, selon la belle expression du Pape Paul VI. Marie est vraiment cette étoile car elle nous apprend à aimer le Christ, à le recevoir et à le transmettre, selon les paroles de Saint Louis-Marie Grignon de Montfort : Par Marie, Jésus est venu jusqu’à nous ; par Marie, nous allons jusqu’à Jésus. 

Frères et sœurs, que le vent de l’Esprit souffle sur nous, sur nos familles, sur l’Eglise et su la France  une nouvelle Pentecôte et suscite en nous la joie de croire et le bonheur de vivre et d’aimer avec le Christ !… La source de l’œuvre missionnaire, c’est l’Eucharistie en laquelle nous reconnaissons la présence réelle de Jésus qui nous la promis :

« Moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. »

Que le Christ ressuscité vous affermisse dans la foi et fasse de chacun de nous dans la diversité des vocation, des missionnaires de la joie et de l’espérance. Amen !…

Père Pierre-Yves POULAILLEAU +

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